Catégorie : Réflexions

  • La théologie du Journal de Montréal

    Certains chroniqueurs du Journal de Montréal se disent athées. Qu’ils voient juste ou qu’ils se trompent, ce n’est certes pas moi qui puis le dire. Sur cette question, je n’ai pas trouvé la réponse, contrairement à eux — et aux croyants, tout aussi bardés de tranquilles certitudes.

    Mais ce n’est pas une raison pour ne pas réfléchir — bien au contraire, en fait.

    Récemment (décembre 2025), l’un de ces chroniqueurs, M. Joseph Facal, après avoir pris soin de souligner la modestie de son apport à cette insondable quête métaphysique, a entrepris de démontrer l’inexistence de Dieu. Pour ce faire, il a pris les grands moyens : évocation de la Shoah.

    Le théorème est le suivant : Dieu serait censé être infiniment bon, et il serait censé être tout-puissant. Or, une pure abomination comme la Shoah s’est produite, que Dieu n’a pas empêchée. Donc, Dieu n’existe pas.

    Cela semble inattaquable aux yeux de monsieur Facal.

    Sans tenter de réfutation à ce syllogisme (fort répandu, au demeurant), et surtout, sans lui opposer les réponses classiques qu’il connaît, énumère, et qui ne le convainquent pas, je dirais quand même ceci : il n’était pas nécessaire d’opposer la Shoah aux attributs supposés de Dieu pour arriver à cette conclusion. Une simple petite souffrance injuste, pour une seule petite personne, dans l’immense histoire du Monde, aurait suffi parfaitement. L’absolu ne se mesure pas. Il est, ou il n’est pas, peu importe la taille ou le poids des conséquences. Une fissure, et il n’est plus, n’existe plus, n’a jamais existé.

    Ce que monsieur Facal a démontré, ce n’est que l’inexistence d’un dieu tel que défini dans les catéchismes, qui le présentent comme un être somme toute fort humanoïde (à notre ressemblance…), personnellement conscient, émotif, préoccupé de bien et de mal, micro-interventionniste à l’échelle universelle, parangon de mansuétude et revanchard féroce, un être sérénissime et hyper-susceptible, doux et sadique. Vision à peine moins infantile que le non-Dieu attaqué par monsieur Martineau, confrère de monsieur Facal, soit un bonhomme à longue barbe blanche assis sur un nuage, quand il ne marche pas sur l’eau, et faisant des tours de magie comme changer l’eau en vin, et le vin en sang.

    D’accord messieurs, on s’entend : ces « Dieu »-là ne peuvent pas exister. Mais est-ce que ça prouve qu’il n’y a rien ? Rien que nos sens et nos instruments ne peuvent déceler ? Est-il impossible, en vertu de vos « thèses », que quelque principe générateur immatériel, non-vivant donc immortel, omniprésent donc imperceptible, n’existe ? Voilà, selon moi, une bien meilleure question à se poser — et aux lecteurs du Journal de Montréal.

    Et une réponse articulée et approfondie à cette question risquerait bien davantage d’être convaincante que des ratiocinations — à mes modestes yeux, en tout cas.

  • Antithèses

    (Les maximes suivantes ne forment pas une suite. Elles sont indépendantes les unes des autres. Quoique…)

    Ce qui me pousse vers l’athéisme, ce sont les croyants.

    Si tu cherches la vérité, éloigne-toi de ceux qui l’ont déjà trouvée.

    Les certitudes découlent de la connaissance, mais aussi de l’ignorance.

    Un intégriste, c’est quelqu’un qui tient mordicus à son ignorance.

    Maquiller son ignorance ne fait que la rendre plus laide.

    La différence entre celui qui est certain d’avoir raison et celui qui se croit infaillible, c’est que le premier veut toujours discuter, et l’autre, jamais.

    Ce qu’il y a de commode avec le hasard, c’est qu’il ne se défend jamais de ce dont on l’accuse.

    Pouvez vous comprendre qu’entre tout et rien , il y a quelque chose.

    On connait maintenant presque tout de l’univers. On n’y comprend toujours rien.

    La femme est une espèce en voie d’apparition.  

    Les enfants ont des droits. Mais n’allez surtout pas le leur dire !

    Il faut maintenant réparer l’avenir.

    Je  proteste, je conteste, je manifeste, je pose un geste, rien ne reste.

    Gouverner se résume à devoir, plusieurs fois chaque jour, choisir entre deux maux.

    Plus on s’approche des lieux où la justice est rendue, plus on s’éloigne d’elle.

    Affirmer = dire oui. S’affirmer = dire non.

    Etre un adulte, ce n’est pas de pouvoir dire non aux autres, c’est de pouvoir se dire non à soi même.

    Les curés ne rêvent plus depuis longtemps de remplir leur église. Ils n’ont plus assez de monde pour remplir leur confessional.

  • Position vs posture

    Le conformiste, ce béat, s’oblige à garder le même pas que les autres. Il appelle ça «la bienséance».

    L’anti-conformiste, tout aussi bêtement entravé, s’évertue à garder un pas contraire aux autres. Il baptise ça «l’anarchie».

    Le libre penseur ne se soucie pas de quel pas vont les autres, et marche selon sa conscience. Ça s’appelle l’indépendance.