Étiquette : Jean-Sébastien Girard

  • Wolfgang-Amadeus Girard

    Non, quand même pas. Ses parents, se gardant une petite gêne, lui ont, plus discrètement, juste donné pour prénom Jean-Sébastien. No pressure

    Lui accrocher au cou un écriteau gravé sur une dalle de marbre d’une tonne, il ne pourra pas leur reprocher d’avoir manqué de confiance. À lui d’être à la hauteur. Simplement.

    Je l’avoue, je le fréquente fort peu. C’est que, il se ressemble tellement… Regardez le mot fatuité dans le dictionnaire, ils ont mis sa photo.

    ***

    Avec un prénom pareil, on pourrait imaginer qu’il serait devenu fin connaisseur en musique. Il a justement eu une belle occasion de le montrer lors du passage du réjouissant duo Angine de Poitrine à l’émission Tout le Monde en parle, où il officie en tant que fou du roi — fonction qu’il faudrait rebaptiser imbécile du roi, ici. Déjà, avec l’autre, MC Gilles…

    Arrivent nos deux musiciens outrageux. Visuellement, combinez Kiss, Genesis et ZZ Top, et vous obtiendrez une sage et pâle image en regard de ce qu’affichent Angine de Poitrine. Musicalement, par contre, tout en manifestant une imagination non moins délirante, ils offrent une prestation absolument sérieuse, brillante, tant du point de vue composition qu’exécution. Et festive avec ça. On n’a pas affaire à un gadget creux, loin s’en faut. Qui parlait de Bach, donc, déjà ?

    Ah oui, Jean-Sébastien…

    Vers la 4e minute de l’entrevue, notre grand génie a enfin trouvé l’angle d’une intervention qui se veut baveuse, c’est sa job — grassement payée. Il demande, laborieusement, quelle est la part, dans leur succès, de la curiosité suscitée par l’anonymat intraitable des deux musiciens. Il doit reformuler quatre fois, dont la dernière alors que le gérant du groupe a déjà amorcé sa réponse — et désamorcé la question hyper-prévisible, du même coup.

    On repassera pour le punch. Guy A. a dû scrapper une de ses cartes.

    On ne doit pas grand chose au mystère, a répondu le gérant, car la proposition musicale est très claire.

    La question qui tue a tué celui qui l’a posée. Il retombe dans les limbes pour n’en émerger que 5 minutes plus tard, alors qu’on parle du travail inspiré et soutenu de l’équipe entourant Angine de Poitrine, dans le contexte des développements très rapides qui s’enchaînent. L’autre se parachute là-dedans avec sa sous-question revanche longuement ruminée, comme si rien ne s’était passé entretemps. (C’est le propre des limbes).

    Verbatim :

    Les voisins vont s’en douter j’imagine, quand y vont voir des nouveaux chars pis trois piscines creusées autour, que c’est eux probablement…

    Cinq minutes pour pondre cette trouvaille – en retard de cinq minutes. Oublions la syntaxe bancale, voyons la substance.

    « Les voisins vont s’en douter… »

    Se douter de quoi ? de leur identité, ce dont on parlait il y a cinq longues minutes, fondement de sa question ratée, à laquelle il est resté tout ce temps collé, obnubilé au point d’enchaîner comme s’il continuait sa dernière phrase, enterrée de longtemps.

    « Les nouveaux chars, les trois piscines creusées ».

    Images et fantasmes typiques d’un parfait beauf. Projection envieuse. Niveau taverne. L’expression « tirer vers le bas » n’a pas été inventée pour rien…

    C’est ce qu’on appelle rafraîchir une formule rancie ? La réchauffer, oui.

    Le gérant n’a eu qu’à répondre, placide « C’est mal les connaître ».

    Celui qu’on connaît un peu mieux, maintenant, par contre…

    ***

    Une autre fois, il a voulu s’en prendre, du creux de ses douillettes certitudes de gogauche, à Mathieu Bock-Côté.

    Ç’aurait été le temps d’afficher un avertissement « Ce programme contient des scènes de violence particulièrement difficiles ».

    Le verbo-moteur attitré de la droite, à qui, qu’on le déteste ou pas, on ne pouvait reprocher de ne pas s’être préparé (au rebours de l’autre, toujours pris de court), lui en a crissé toute une.

    L’inepte a voulu prendre MBC par surprise et en contradiction en invoquant René Lévesque. L’autre, qui semblait avoir lu son jeu avant même de s’asseoir, lui a instantanément servi mot à mot une citation du même grand homme, détricotant totalement l’attaque. Ce fut la dernière, hormis quelques insoutenables hoquets et gargouillements d’agonie. Guy A. Lepage a tenté de sauver son imbécile du roi : trop tard, il n’en restait que débris épars. Il aurait fallu une pelle.

    J’ai eu des images du chien qui a couru après un camion qui passait, et qui l’a attrapé par un pneu. Ou de cet autre qui a attaqué une souffleuse de la ville. C’est là que j’ai découvert que j’avais, bien caché au fond de mes tripes, un petit côté sadique.

    Merci, Wolfgang-Amadeus Girard, tu m’as fait faire l’épargne d’une consultation.