Étiquette : Québec

  • Marc « Marceau » Tanguay

    Les libéraux ont offert ces derniers jours (mi-juin 2026) un de ces désopilants épisodes de guignol dont ils ont le secret. C’était à l’occasion —qu’ils n’ont pas manqué de saisir— de tomber dans le piège gros-comme-ça que leur a tendu PSPP, lequel n’a eu qu’à se questionner publiquement sur un possible rapprochement entre les pratiques de financement du PLQ et le crime organisé. Une notion inédite, quoi…

    Ainsi, en pleine campagne électorale, et à peine dégagés (temporairement) du cloaque des accusations générées par leur course à la chefferie (de laquelle le gagnant, Don Alfredo y don Pablo y Rodriguezzz, n’a pu jouir que le temps d’ajouter des couches de fiente à son costume pourtant déjà bien enduit), les libéraux, au lieu de profiter de cette trop courte accalmie, se sont empressés de se rappeler, eux et leurs pratiques faisandées, au bon souvenir des électeurs. Et en grande pompe, s’il vous plaît. Habile, déjà…

    Ça, c’est pour le fond. Mais la forme…

    Conférence de presse du chef-trouvé-dans-la-panique, Charles Milliard, se voulant vibrant de l’indignation des vierges offensées. Pantalonnade jouée par Tartuffe, texte lu avec son doigt.

    Mais la palme de la bouffonnerie revient à Monsieur Intérim Permanent, l’automatique deuxième de service, le fido Marc Tanguay, dans son vieux rôle d’ombre du chef, chargé de renforcer le message — tout en se taisant.

    Choix qui s’impose : il est impayable dans ce rôle muet, soulignant chaque phrase, presque chaque mot de son maître, d’une expression faciale correspondante. Car il s’agit de faire preuve d’unité. Or, le mot d’ordre ici est indignation, colère, assurance, fermeté. Toutes attitudes qu’un mime sait exprimer en silence. Mais les Marc-eau ne courent pas les rues. On prendra Guignol.

    Donc, faire écho à tout ce que le chef dit, un peu à la manière des interprètes pour sourds-muets. Encore faut-il maîtriser ce langage. Sinon, on verse dans les gesticulations, les grimaces et les simagrées. Ce que n’a pas manqué de faire notre Tanguy à nous, jamais éclos lui non plus.

    C’est ainsi qu’on a eu droit à une imitation de la célèbre famille Shiller, oui papa !, avec leurs gestes hyper-énergiques, leurs mimiques cocasses et leur enthousiasme au sourire trop large pour être vrai. Sauf que eux, ils savaient qu’ils étaient risibles. C’était ça l’idée.

    Tandis que dans le cas qui nous occupe, il fallait faire montre d’indignation, de colère, etc. Et beurrer épais. Mais trop épais de colère, ça ne fait plus peur, même à ma petite soeur, ça devient juste ridicule. Et trop épais égale Marc Tanguay.

    Sourcils froncés, ou surélevés, gros yeux, paupières qui battent, baboune d’enfant buté, continuels hochements de tête, toute la gamme du langage corporatif — pardon : corporel — y passe.

    On a vu exactement le même numéro quand Tanguay, cette fois derrière Rodriguez, jouait sa prude outrée — exactement pour les mêmes raisons, d’ailleurs. C’est qu’il ne manque pas d’occasions de le pratiquer, ce rôle…

    Écoutez, vous le voyez bien, les mots me manquent. Aussi bien regarder la chose elle-même.

    Le clou survient après 1m25s (« Y’a toujours ben des limites. »), mais toute la performance mérite le détour. Deux minutes et demie de pur plaisir.

    Ainsi donc, pour faire oublier leurs déboires judiciaires, les libéraux offrent un rappel… inoubliable. La campagne va être longue.

  • Le mot en F

    Le PLQ — jamais très loin des woke — vient de nous offrir une nouvelle bouffonnerie inclusiviste. Deux pétitions, déposées à l’Assemblée nationale par la députée Jennifer Maccarone, de Ouestmont (le PSBGM appelle bien Rosemount une de ses institutions de la rue Beaubien), demandent la gratuité des produits menstruels dans les écoles du Québec. Rien de plus noble, généreux et vertueux que telle demande. Mais.

    Le libellé, au lieu de parler de femmes, mot très clair et simple, lui préfère « personnes ayant des menstruations », en obédience avec les absurdes et stupides dogmes inclusivistes des woke. Tout de suite, nombre de femmes (menstruées ou non) se sont levées, à bon droit outrées, estimant qu’une formulation pareille, occultant le désormais mot en F, tend à les invisibiliser.

    Faudrait savoir ce qu’ils veulent, les woke.

    Il n’y a pas si longtemps, une des plus vocales d’entre eux, Émilie Nicolas, défendait bec et ongles les délires grammaticaux de l’écriture inclusive, remède indispensable selon elle à l’invisibilisation des femmes infligée par la langue française, mesquinement masculiniste depuis des siècles.

    Bref, au nom de l’inattaquable cause de l’égalité des femmes, d’un côté on mutile la langue pour « dé-genrer » tout le vocabulaire, et de l’autre côté on efface le mot en F des dictionnaires. D’un côté on crie au complot masculiniste de l’invisibilisation des femmes, de l’autre, les mêmes taliban.e.s woke invisibilisent les femmes, par leur refus de les nommer en tant que telles. Et au nom de la même cause. Cohérence.

    Vite assiégés, les libéraux, dans un plaidoyer exposant toute la profondeur de leur maturité et de leur prometteur sens des responsabilités, ont rejeté la faute sur des étudiants du secondaire, rédacteurs de la pétition. Bel acte de bravoure, mon Charles…

    Mais, du même geste, ils révèlent sans le vouloir un autre aspect de la nocivité du wokisme, cette nouvelle religion dont, manifestement, on bourre désormais le crâne de nos élèves du secondaire — sinon du primaire, voire avant.

    C’était bien la peine de s’extirper de la Grande Noirceur.

  • La libarté selon André Pratte

    Alignés derrière André Pratte, maître à penser-petit de la secte libérale, les membres du caucus du PLQ viennent de pondre (je suis poli…) une pièce d’anthologie en matière de sophisme absurde.

    Derniers à reconnaître, et du bout des lèvres, la réalité du déclin du français au Québec, les libéraux prétendent maintenant vouloir se porter au secours de notre langue — pas gênés de revêtir de la sorte le costume du proverbial pompier pyromane. Leur analyse du problème ? : C’est la faute à la loi 96. (D’aucuns, parmi les plus ardents et sincères défenseurs du français au Québec, font le même constat, estimant que cette loi est insuffisante pour en enrayer le déclin.)

    Les libéraux ciblent donc la loi 96. Auraient-ils enfin compris ? Minute. Eux, ils trouvent qu’elle… va trop loin ! Raisonnement prattien classique : le français décline, c’est sûrement à cause de la loi 96, donc, abolissons-la. Tout va s’arranger tout seul.

    La digue ne suffit plus à contenir l’inondation, enlevons la digue. Gaahh.

    C’est à peine croyable qu’ils soient encore capables de pareilles ratiocinations. Pratte ne fait même plus l’effort d’essayer d’avoir l’air logique. On dit n’importe quoi et son contraire, et on s’en satisfait.

    Slogan : décréter quels cégeps les citoyens auront le droit de fréquenter, ça revient à dire quoi faire, à des adultes.

    Ben oui, Chose. En passant, toutes les lois disent aux adultes quoi faire. L’ex-sénateur serait-il devenu anarchiste ? Libarté !

    Mais non, juste une contradiction de plus. C’est ce qui arrive fatalement quand on cherche à berner en même temps des électorats aux aspirations opposées. Une ligne ici pour les nationalistes, une ligne contraire là pour les angryphones. Laquelle est sincère ? Aucune, évidemment.

  • Génocide tranquille

    Musique de Jacque Joly

    Comment faire disparaître un peuple sans tuer personne ? En l’avortant — puisque l’avortement n’est pas un meurtre.

    Pour avorter un peuple, il faut suivre la même logique que pour un individu : tant qu’il n’est pas conscient d’exister, c’est permis.

    Et pour empêcher un peuple de prendre conscience de son existence, il faut lui répéter inlassablement qu’il n’existe pas, qu’il ne le pourrait, et que de vouloir exister est la plus vile des propensions, la plus futile des velléités.

    Ainsi, entre la Nouvelle-France et le Canada post-national, la nation québécoise sera passée directement de l’aube au crépuscule. 

    Sans avoir vu le jour.

  • Halal

    Or donc, sous couvert de progrès économique, le Canada subventionne l’abattage halal (et kasher) pour accomoder ceux qui, par foi sincère (ou par jihad insidieuse) refusent de manger de la viande obtenue de manière non-barbare.

    Et il y a ce concept étrange d’hypothèque halal qui a déjà fait son nid.

    Ça ne fait certainement que commencer. Haroun Bouazzi, de Québec Solidaire, vient de remettre une couche à sa croisade vers l’hallalisation de l’Assemblée nationale(-ale). À mots couverts pour le moment.

    Force est donc de constater que le spectre politique gauche – droite n’est pas linéaire, il est circulaire. De telle sorte que les extrêmes, à première vue irréconciliables, finissent par se rejoindre objectivement.

    Ainsi, l’extrême-droite du fondamentalisme religieux et l’extrême-gauche du wokisme béatement inclusif aboutissent main dans la main à la promotion des pratiques halal. Cohérence…

    Quant aux Québécois plus modérés, toujours aussi inconstants politiquement (voir https://www.mb499.ca/2026/02/11/les-perils-du-suffrage-universel/), ils semblent maintenant (mars 2026) sur le point d’élire le parti libéral, lequel, si jamais, n’aura d’autre urgence que de détruire toutes les modestes et fragiles avancées des dernières années en matière de laïcité et de protection du français.

    Ainsi, ce peuple sera passé directement de l’aube au crépuscule, à une vitesse sans précédent dans l’Histoire (voir https://www.mb499.ca/2026/02/12/pronom-imprononcable/).

  • De « l’inutilité » du Bloc québécois.

    Il est de bon ton chez maints fédéralistes ultras de qualifier le Bloc Québécois d’inutile. Ce mot leur saute aux lèvres dès qu’ils en parlent, et les plus indigents parmi eux en ont même fait un slogan, un mantra, une litanie.

    Ça leur est devenu un automatisme. Or, la caractéristique d’un automatisme est de ne jamais être questionné par ceux qui en sont affectés. Pathologie.

    Grave atrophie du sens critique.

    Essayons de pallier.

    Inutile. Pourquoi inutile ? Par opposition à «utile», je suppose. Qu’est-ce qui empêche le Bloc d’être utile ? Vous dites ? Le pouvoir ? Ah, le pouvoir. Le Bloc Québécois ne peut pas accéder au pouvoir, donc il est inutile. C’est simple, non ?

    Non. C’est simpliste, plutôt — mais certains fédéralistes n’en sont pas à leurs premières armes en fait de simplisme… ou de sophismes.

    Il y a là-dedans deux pseudo-évidences implicites : avoir comme représentants des députés du parti au pouvoir est utile, et rien d’autre n’est utile.

    Je soupçonne ceux qui «raisonnent» de la sorte de ne comprendre qu’une seule chose de la politique : ou bien on a gnagné, gna gna gna, ou bien on n’a pas gnagné. En ce sens stupidement restreint, seul le pouvoir, en effet, peut être utile — à une certaine satisfaction. La politique, les affaires publiques, pour ceux-là, se résument à cette dichotomie archi-primaire. Une fois le vote compté, plus rien ne compte. Les gnagnants célèbrent, les perdants se morfondent.

    Mais pour les autres, les adultes politiques, il y a lieu d’examiner la question de façon moins infantile.

    Baigner dans la certitude qu’avoir une majorité de pantins d’arrière-ban au «pouvoir» promet la manne, c’est faire preuve de myopie politique. L’observation des faits, depuis des décennies, suffit amplement à démontrer que les grasses majorités produisent exactement l’effet contraire. Il faut donc être, soit très mal avisé — on en connaît — soit de mauvaise foi crasse — on reconnaît Mulcair — pour en venir à cette conclusion, et, qui plus est, l’ériger en certitude hors de tout doute.

    Car, qu’a retiré de bon le Québec de toutes les majorités qu’il a accordées aux libéraux à Ottawa ? La loi des mesures de guerre ? Les magouilles référendaires de 1980 et 1995 ? Les exactions de la Arcee Empee ? La Constitution de 1982, imposée sans son accord ? (Cette Constitution fondée sur « La reconnaissance de la suprématie de Dieu », oui monsieur…)

    Ou peut-être la doctrine multiculturaliste des Trudeau père et fils, découlant de cette même Constitution gardée par des juges, et contraire aux aspirations morales, laïques, linguistiques et identitaires de la nation québécoise, et qui, combinée à une politique immigratoire effrénée, met en danger la survivance même de cette nation ?

    Ce ne sont là que quelques exemples des précieux  « bénéfices » qu’a retirés le Québec des majorités offertes au PLC. Ce parti, d’ailleurs, a toujours très bien compris qu’il n’est pas nécessaire de renvoyer l’ascenseur à une province qu’il a déjà dans sa poche. Mieux vaut travailler les régions moins sûres — comme l’Ontario. Et il s’en trouve pour considérer cela, non seulement comme utile, non seulement comme nécessaire, mais surtout comme la garantie indispensable de ne pas « tomber dans l’opposition », grand malheur s’il en est.

    Parce que l’opposition, à quoi ça sert ?

    Bon.

    Donner à un parti au pouvoir (et particulièrement aux libéraux) l’opportunité de gouverner sans partage, sans entraves, voire sans critiques, c’est ouvrir la porte à tous les abus, à toutes les errances, aux pires folies. Une opposition forte et avisée peut pallier ce péril. Et, mieux encore, si cette opposition est assez nombreuse pour placer le gouvernement en minorité, alors fini les poussées d’autoritarisme. Obligé de composer, de négocier, il ne peut plus se permettre autant d’excès.

    Ajoutons maintenant que si cette forte opposition est composée en grande partie par des députés du Bloc, voués par définition à la défense des intérêts du Québec, on ne peut naturellement qu’en attendre les plus grands bienfaits.

    Mais allez dire ça à ceux qui ne comprennent du mot « démocratie » que le nom d’un sport comme un autre : pourvu qu’on gnagne, gna gna gna — et en trichant c’est encore mieux. Quant aux perdants, eux et leurs valeurs, ils ne méritent que le plus méprisable des sorts : l’opposition, ce club de perdants inutiles.

    En être encore là, 2 500 ans après Platon…

    Sauf que nos bouffons de service ne sont pas des penseurs, même rudimentaires. Ils ont appris par coeur quelques tours — tournures — faciles, qu’ils répètent depuis par réflexe, automatiquement, ad nauseam, et cela leur suffit — puisque suffisants.

    Mais encore.

    Si l’indépendance du Québec devait ne jamais se faire, si notre peuple devait s’estomper petit à petit dans ce Canada de plus en plus incompatible, voire hostile, le Bloc québécois aura cette ultime utilité de ne pas leur permettre de nous oublier si vite.

    Ne serait-ce que pour cela…